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Les mineurs et la mine
Sujet :La mine c'était l'enfer et l'exploitation
broutchoux14/09/2005 13:58
En 1996, à l'occasion du 90e anniversaire du "crime" de Courrières (1906, 1100 morts), l'Alliance Rouge et Noire prenait l'initiative de l'érection d'un mémorial conforme à l'enfer des mines. Conçu selon une idée originale de Joseph Tournel, ancien mineur et syndicaliste du Bruaysis, le mémorial revêtait l'allure d'une potence, un symbole censé incarner l'exploitation dont les "gueules noires" étaient victimes. Bas salaires, conditions de sécurité défaillantes, réprimandes des porions, mépris des ingénieurs, non-respect du droit syndical (cf aux grèves de 1947 et 1948)... Le "chevalement-potence" "a été conçu comme un hommage aux mineurs victimes de l'exploitation capitaliste et sacrifiés sur l'autel de la rentabilité", expliquait à l'époque Joseph Tournel et Christian Szewczyk, un sculpteur d'Houdain, en charge de sa réalisation.
Inauguré en mars 1996 à proximité du café "La Mouffe" à Rebreuve-Ranchicourt, le mémorial a une vocation itinérante.
En 2004, André Delcourt, maire communiste de Calonne-Ricouart, accepte de le recevoir dans sa bonne ville des bords de la Clarence.
L'Alliance rouge et noire et Christian Szewczyk se remettent alors à l'ouvrage et offre un toiletage à ce monument finalement présenté au public le 26 décembre 2004, sur le parvis de l'hôtel de ville de Calonne la Rouge. Un hommage à Joseph Tournel et André Mancey (ancien député-maire de Calonne, syndicaliste) y est rendu à cette occasion.
Lors des Journées du Patrimoine, ces samedi 17 et dimanche 18 septembre, il sera loisible à la population de découvrir ce "chevalement-potence", unique en France.
ANDRE15/09/2005 12:07
J'ai j'té un eul sur t'fiche, et j'm'ai aperchu qu't'es un tiot d'13 ans.... Té m'as l'air avanché pou t'n'ache ou alors, y a eun' erreur...
Par contre, vu que t'as comme pseudo Broutchoux, peux -tu m'préciser si t'es de l'descendance "au" Broutchoux du début du 20 ème siècle...Dins ch'cas là j'auros des précisions à t'deminder si té connos bien s'n'histoire.
broutchoux15/09/2005 13:39
Cher André,
13 ans, c'est l'âge de l'association Alliance Rouge et Noire (fondée en 1992) et non des rédacteurs de l'article qui sont pour la plupart de fils ou filles de mineurs !
Broutchoux, c'est un clin d'oeil à l'ami Benoît, l'anarcho-syndicaliste qui faisait trembler les compagnies au début du siècle ainsi que le sieur Basly, maire de Lens.
Désolé aucun lien de parenté...
Par contre, il existe une bande dessinée sur Broutchoux. Elle reprend pas mal d'élèments sur son existence. La connaissez-vous..?
Nicolaï18/09/2005 15:19
Enfin la vérité sur l'"enfer des mines"..! Je suis pour ma part content de trouver des messages du type de Monsieur Broutchoux sur ce site que je découvre. Certaines vérités ne sont évidemment pas bonnes à dire !!!
leon grossel26/09/2005 14:59
Bin mi ..min père i est mort à l'fosse..à 36 ans...j'sus l'premier des garchons de m' famile à n' pon ête déchindu au fond. Min grand-père , mes oncles, m' n'arrière grand-père i étotent mineur...
j'ai été l'vire l' monumint que ch' maire i a fait vénir dins s ' " bonne ville d' Calonne " ...j'ai pon peu de l' dire..j'ai jamais rien vu d' si laid de m' vie..! Laid comme l' péché..qu' alle arot dit m' grand-mère!
J'ai eu honte, d'un seul cop d' vire un barrou fait avec tonniau in plastique...d' l' épitaphe écrite à l' peinture..et de l' molette faite avec eune vielle reule d' vélo...l'mémoire d' min père et d'tous les cheusses qui sont morts à l' fosse..si alle mérite quetcosse...ch'est sûremint pas eune viezrie parelle..!..n'in déplaisse à l' artiste qui l'a fait...
leon grossel26/09/2005 14:59
Bin mi ..min père i est mort à l'fosse..à 36 ans...j'sus l'premier des garchons de m' famile à n' pon ête déchindu au fond. Min grand-père , mes oncles, m' n'arrière grand-père i étotent mineur...
j'ai été l'vire l' monumint que ch' maire i a fait vénir dins s ' " bonne ville d' Calonne " ...j'ai pon peu de l' dire..j'ai jamais rien vu d' si laid de m' vie..! Laid comme l' péché..qu' alle arot dit m' grand-mère!
J'ai eu honte, d'un seul cop d' vire un barrou fait avec tonniau in plastique...d' l' épitaphe écrite à l' peinture..et de l' molette faite avec eune vielle reule d' vélo...l'mémoire d' min père et d'tous les cheusses qui sont morts à l' fosse..si alle mérite quetcosse...ch'est sûremint pas eune viezrie parelle..!..n'in déplaisse à l' artiste qui l'a fait...
Nicolaï26/09/2005 21:37
Cher Léon grossel,
Je crois savoir que ce mémorial n'avait, selon l'artiste qui l'a imaginé, pas de vocation... esthétique. Parce qu'il représente une chose laide (l'exploitation, le travail de bagnard au fond des puits...), ce monument se devait de ne pas être "beau". N'en déplaise à ceux et celles qui préfèrent les images de mineurs robustes, en pleine possession de leur moyen (comme à Liévin)... loin de la réalité vécue par les "gueules noires".
leon grossel27/09/2005 10:14
Cher Nicolaï ,

J' a bin comprind l' symbolique du monumint...( je n'sus pas babache à ch' point là tout d' même !..et j' ai passé assez d' heures dins les archifes des z' houillères , j' ai lu assez d' compte-rindus des mitinges d' Broutchoux dins les archifes de l' préfecture d' Arras ..pour ête fin au courant d ' l' affaire qui nous occupe ).

M' n' avis i porte seulemint sur ch' monumint et sur l' busiache d' l' auteur.

In peut arprésinter eune chose " laide "..sans ête laid et vulgaire . Si vous n' êtes pas convaincu..alors ravisez Guernica par Picasso..o comprindrez chu que j' veux dire !...pas core convaincu ?....alors ravisez un dessin d' mineur par Aristide Steinlen...!

In a artreuvé des morcieaux d' min père , dins l' talle de l' fosse Sabatier d' Raismes quand il a sauté avec s' dynamite...des morcieaux seulemint...pas min père tout et oute.
J ' ténos l' main d' min grand-père, à l' hôpital Sainte Barbe, quand sin soufflet i s'est arrêté , écrasé par l' silicosse .

J' cros savoir chu qu' ch'est que des corps qui n' sont pus in pleine possession d' lu moyens.

Je n' préfère pas l' imache d'un mineur robuste....nan ,sincéremint quand j' pinse à un mineur..je n' pinse pas à un homme robuste et in pleine possession d' ses moyens....j' arvos l ' pieau du dos d' min père , quand i s' arlavot tout du long , avec ses pétites tâques bleues faites par l' carbon arténu prisonnier dins ses plaies .
J' arvos les yux de min mononque , soulignés du ricil de l' poussière d' carbon .
J' r' intinds l' sifflet de l' potrine d' min grand-père quand i déchindot l'escalier.

Chacun ses goûts qu' alle dijot m' grand-mère...alors j' ai l ' drot d' dire...

ET VOUS AVEZ L' DROT D' PINSER L' CONTRAIRE !!

.....qu' à chaque cops que j' va m' promener dins ch' pitit parc dusque l' monumint i s' treufe... je m' dis qu' i avot miux à faire pour esprimer chu qu' in a voulu esprimer..et avec l' quel j' sus à peu près d' accord , et que si in veut faire du symbolique , in n' est pas obligé d' mette eune patraffe in d' sous pour espliquer à ches gins chu qu' in a voulu faire...

Eune dernière affaire...si j' avos un jour dit à min père ou bin à un d' ses frères que ch' étot eune gueule noire... i m' arot foutu eune rute barniffe sur m' n' orelle..!..alors laichons ches mots là à ches jornalistes in manque d'imagination......et appelons les
" Mineurs "..avec un M majuscule.

camanette27/09/2005 10:44
quel hommage...! avec un H majuscule!
Nicolaï27/09/2005 15:45
Cher Leon Grossel,
Assurément, nous partageons la même vision du mineur et du métier qu'il exerçait... bien que nos appréciations divergent sur ce mémorial aux allures d'échafaud ! Je connais bien l'auteur et il ne se prend pas pour Picasso, je vous rassure.
Au-delà de l'aspect de ce monument, ce qui m'intéresse c'est de comprendre pourquoi cette vision de la mine n'est exposée nulle part et surtout pas dans les musées où on privilégie la dimension technique à l'aspect humain !
On ne cherche jamais à savoir qui a profité du travail des mineurs ? qui les a exploités..? qui s'est bâti des fortunes colossales sur leur dos ? Pourquoi les responsables des "catastrophes" n'ont-ils jamais été condamnés. C'était bien, à ma connaissance, des hommes de chair et d'os, non ? Pourquoi le silence sur ces sujets ?
Pourquoi faire passer les mineurs pour des héros (ce qu'il n'était pas) alors que ca n'était que des pauvres bougres sacrifiés "parce qu'il fallait bien nourrir sa famille" ???
Pourquoi l'association qui a eu l'idée de ce mémorial à Calonne est-elle souvent censuré par les journalistes ?
mistinguett'27/09/2005 19:14
J' vas pas ête originale, j' vas dire comme Camanette;

Quel Hommage et quel Respect!

roger27/09/2005 19:45
comme camanette et mistinguett.
avec un grand H

Merci Bertrand
loumarcel27/09/2005 23:39
Léon Bertrand bonsoir,
et chapeau pour l'Hommage à t’Famile et à nos Taïons.

J'cros qui faut pas discuter avec des jones « naziés » comme cha, i comprint’nt pas not fierté. Eux ch'est cach' à loques
marie-claire28/09/2005 07:48
j'vas pas faire dins l'original mais in n'peut qu'dire qu'ché un superbe Hommage Bertrand
Nicolaï28/09/2005 10:18
Avoir été humiliés et exploités et en être fiers !
Je me demande bien fiers de quoi ?
Décidément, on croit rêver à entendre certains.
Je connais bon nombre d'anciens mineurs qui ont la "rage" d'avoir été ainsi méprisés et sont si frustrés de n'avoir pas su ou pas pu répondre aux coups donnés.
Evidemment, ceux-là ne causent pas sur cette liste. Ils ont préféré tourner la page d'une histoire si peu reluisante pour la dignité humaine (Cf Germinal !)
Pas de quoi être fier non plus d'ailleurs de ce que les Houillères ont laissé en héritage dans le Nord-Pas-de-Calais (pollution, corons vétustes etc.), franchement non !
ANDRE28/09/2005 21:31
Mi aussi j'sus contint d'avoir enfin l'possibilité d' écrie à Léon tout l'bien que j'pinse des pièches ed'théât' qui nous a donné à vire...
Ah, Léon, si té pouvos savoir combien d'sujets d'conversation que cha a pu ingendrer, combien d'parties d'rigolade cha a déclenché...
In va p't'êt' passer pour des rigolos aux yux d'certains, mais ch'est si bon pour la santé...
Et pi ch'est dins l'ligne de c'qu'in cache ichi, humour souv'nir, tendresse, et surtout garder nos traditions et nou langue, sans cacher à coper chés caveux in quat'
camanette28/09/2005 21:55
té parles des tiens andré?
ANDRE29/09/2005 00:03
Précisez votre pensée, svp

A quoi qu'te pinsos d'aut' camanette?
camanette29/09/2005 07:46
à RIEN d'aut'.....(ni personne d'aut')
Broutchoux29/09/2005 16:33
Se couper les cheveux en quatre ! C'est marrant cette expression... Quand il s'agit de prendre position sur l'exploitation dont les mineurs étaient victimes, d'essayer de comprendre le phénomène et de trouver les coupables, certains préfèrent se réfugier dans le mutisme.
Parler patois, dire des cafougnettes, c'est bien. Mais analyser l'histoire, les contradictions entre les classes sociales, ce n'est pas mal non plus...
minloute29/09/2005 19:55
ché rare que ch'arvienne such' site , pourtant j y éto souvint avant , mais là j eum' cro obligé d' donner min avis
mi qui su quéqu' fo taxé d'ete trop syndicaliste, hein marcel, j' dis qui faut faire la part des choses
oui les mines ont été une exploitation des hommes
oui une voire plusieurs générations ont été ou plutot se sont sacrifiés
oui les patrons se sont enrichis
je pense que tous ici le savent, nous ne sommes pas des ignares
par contre
oui nos grands parents ont trouvé dans les mines un meilleur salaire
oui nos grands parents se sont sacrifiés pour que leurs enfants et leurs petits enfants aient une meilleure vie
mais
oui ils étaient fiers de leur travail
nous ne glorifions pas les patrons des compagnies des mines et vouloir tout repolitiser sur ce qui c est passé il y a un siecle , je n en vois pas l' utilité sinon pour vous de rebondir sur les conditions sociales actuelles
nous les connaissons , et je pense qu il y a d' autres tribunes pour mener votre combat, que je respecte, mais qui, sur ce site , ne me parait pas à sa place
c'est aussi dangereux et inexact de dire que tout se passait bien dans les mines , que de dire que chaque jour c'était germinal
je ne sais si vous etes du pas de calais, si vos grands parents ont travaillé à la mine , j' en connais peu qui ont eu une vision aussi politisée et aussi tranchée que la votre
en politique les extremes sont à bannir , jeune homme
Broutchoux29/09/2005 21:52
M. Minloute,
Oui, oui je suis du Pas-de-Calais, et mon père et mon grand-père ont travaillé à la mine. Ce dernier a péri de la silicose, dans d'atroces souffrances. Il n'a pas travaillé dans un esprit de sacrifice, comme vous semblez le dire, et je peux vous affirmer que, tout comme mon père, il ne devait pas être fier de son travail.
Nous enrageons à l'idée que les hommes de chair et d'os (les actionnaires des compagnies privées puis les cadres des Houillères publiques et les responsables de l'Etat) qui ont provoqué les conditions de travail qui lui ont été fatales, ont bénéficié de l'impunité.
Nous réclamons "justice" comme le philosophe Jean-Paul Sartre qui, en 1970, est venu animer un tribunal populaire à l'Apollo de Lens, suite au "crime" de Fouquières-les-Lens (une dizaine de mineurs tués en février 1970).
Il est utile à mon sens de rappeler ces faits parce qu'aujourd'hui on nous ment dans les musées de mine par exemple ou on passe sous silence cette aspect d'exploitaiton.
Il est vrai aussi, comme vous le dites si justement qu'évoquer ces conditions d'exploitation de jadis permet de rebondir sur les conditons sociales actuelles.
Enfin, je vous remercie pour le ton que vous employez. Ca nous change des "jones naziés" employés par certains qui n'ont assurément pas été elevé à l'école de la tolérance !
leon grossel30/09/2005 12:36
Mon Diu man mère.. !

Si j’avos su que j’aros déclenché eune parelle affaire ..tout cha pasque j’ai dit que l’ monumint il étot laid !
Bon..bin j’ artire chu qu j’ai dit..je n’ dirai pus qu’ il est laid..promis..juré… ( pourtant i est pas bieau ! )

Par conte..si vous avez deux minutes, j’ va vous raconter eune histoire.

Min grand-père , i est rintré à l’ fosse comme galibot à 11ans , in prenant l’ idintité d’ sin plus vieux frère mort d’ bonne heure , pour li pouvoir gagner eune année sur l’ âche légal.
Il a fini comme chef porion hors classe ..ch’est à dire qu’il a fait partie des cadres , comme vous l’ dijez .
I s’est syndiqué in comminchant à 11 ans et n’ a jamais quitté pour autant l’ Syndicat ( j’ vous dirai pas l’quel..mais i n’avot qu’ un qui défindot les ouveriers à l’ époque ).

In 48 , pindint les grantes grèfes , i étot parti définte ses comarates à Paris quand justemint cheux là i z’ ont arpris l’ traval , fosse par fosse , usés par l’ combat ( et imbobinés par des pitites avinchées )
Quand il est arvénu du meetinche , il étot considéré comme absent d’ sin poste et il a été foutu à l’ cour , comme un jone tchien et souligné au rouche ( ch’est eune couleur qu’ il avot kaire ) , sur sin livret. Si bien que li, et ses deux garchons , n’ont jamais pu artreuver d’ ouvrache dins eune fosse de l’ région.

Pindint 4 ans i z’ont fait des ducasses pour continuer à vife , in fabricant d’ lu mains un tir forain et eune confiserie.

Pour vous dire qu’ i n’ont jamais eu honte d’ lu traval d’ mineurs … ch’ est que pour pouvoir l’ arprinte ..i z’ ont quitté l’ région d’ lu taïons pour aller travailler dins les mines de Moselle ..pis quand cha a comminché à débaucher, i sont allés dins les mines de Saint Etienne..pis après in a permis à min père d’arvénir travailler à Raismes…mais pon dins l’ Pas de Calais…les traces étètent core trop fraiches !.

Si vous avez lu mes pitits mots précédents , vous savez commint que cha s’est fini pour min grand-père et minpère. M’ nonque li , tout aussi banni que sin frère et sin père , il a fini dins les ardoisières d’ Angers. I est quand même mort silicosé à 100% à 80 ans .


Personnellemint , j’ n’ ai jamais connu un mineur qui n’ euche pas été fier d’ sin traval..jamais !
J’ m’ arvos à chinq ans , dins l’ pièche par devant , au milieux d’ mes oncle , père et grand-père, après l’ repas du diminche . J’ comprenos pas tout chu qui s’ dijot , mais j’n’ai jamais intindu un déméprijer sin traval , ni s’ plainte .Ah si. !. dire que ch’ étot dur , cha ouais . Que lu éfants i n’ déchindrettent jamais au fond, cha ouais. Mais dire du mau de l’ fosse..jamais !

Et pourtant i arot eu d’ quoi ..Nan ?

In connot tertous l’ condition d’ ches gins là. In sait tertous que l’ profit des compagnies est passé par l’ esploitation des hommes. In connot tertous tout cha.

Mais in n’a pas l’drot d’ dire que les mineurs n’ étotent pas fiers d’ lu traval. I faut pas confonte traval et conditions .

Vous parlez des musées d’ la mine ?

I s’ treufe que deux autes d’ mes oncles qui sont core vivants , sont à l’origine du musée d’ la mine d’ Auchel. I font partie des « 12 hommes au traval » qui l’ont créé et qui continuent à l’ faire vife. L’ premier i étot porion , l’ deuxième contrôleur d’ étançons . Parmi les autes , i avot des mineurs, un géomète etc…

I z’ont eu tout l’ loisir d’esprimer leurs arsintimints sur lu traval , sur leur vie à l’ fosse . Ch’étot l’ bonne occasion d’ vidier sin sac . I z’ aurettent pu faire eune bonne tribune pour dire tout chu qu’i z’avettent sur l’ cœur . I z’ aurettent pu mette un « bieau monumint » aussi à l’intrée de l’mine imaches qui leur sert d’ musée….

Nan…rien d’ tout cha…pourtant i sont pas sots.. ! I safent aussi que ch’est pas les patrons qui sont morts d’ silicosse, ou d’accidints du traval. In passant devant l’ catieaux des Ingénieurs i z’ avettent quand même eune tite idée d’ la lutte des classes….. mais véyez , l’ première affaire qui z’ont fait quand in leur a demindé d’ témoigner d’ leur condition d’ mineur…ch’est pas d’ deminder des comptes à chti chi ou chti là. Allez leur parler…de m’ part si qu’ o voulez.. vous verrez pas vous-même .

Tiens ! Pusque vous avez l’air d’avoir kaire des cafougnettes..in vla chi eune…et pis in même temps , vous verrez que l’ privilèche..cha tient souvint à pas grand cosse…

Cafougnete arrive devant l’ Ingénieur assis à sin bureau.
« Je n’dure pus d’mes reins , j’ai m’ n’équeine in maclote , je n’ peux pus aller d’ mes gampes ..i faut m’ donner un aute traval ».

L’ingénieur étonné le regarde et lui dit :
« Monsieur Cafougnette , si vous voulez obtenir de moi une quelconque attention , il faut vous montrer poli et courtois ..tenez , prenez ma place , et je vais vous montrer comment procéder ».

L’ ingénieur cède son siège à Cafougnette , sort de la pièce , rentre au bout de quelques instants , enlève sa casquette et dit :
« Monsieur , mon travail me donne beaucoup de soucis de santé . Serait-ce , s’il vous plaît, un effet de votre bonté que de me trouver une place moins exposée à la peine ? ».

Cafougnette regarde l’arrivant et lui répond.
« Min garchon , t’ avos eune belle plache , i fallot l’ garder ! »

Broutchoux01/10/2005 12:18
A Léon Grossel,
Nous avons l'impression que vous vous appuyez sur les malheurs (licenciement etc.) vécus par les membres de votre famille pour justifier la notion de courage, d'abnégation que vous prêtez aux mineurs. Ces concepts ne sont pas nés de la cuisse de Jupiter ! Les notions de fierté, d'amour du travail ont été suggérés par les Houillères, à travers notamment le mensuel Relais ou d'autres périodiques... Elles relèvent d'une logique de mise en valeur du métier loin d'être innocente. Cette valorisation est en effet de nature à assurer la pérennisation des conditions d'exploitation ! Les mineurs sont mal payés, méprisés mais ils "sont fiers" de faire ce métier, alors ils continuent au lieu de tout plaquer !
Il n'y a vraiment pas de quoi être fier d'avoir été exploité toute sa vie professionnelle ! Heureusement que certains mineurs courageux ont tenté de bousculer le joug. Ils en ont pris des coups de matraques dans la figure comme lors des grèves de 1948 que vous évoquez.
Et ne nous parler de rouvrir les puits de mine. Non merci, on a assez donné ! Il y a quelques années, nous avons intitulé un article de presse : "mieux vaut chômeur que mineur". Nous le pensons toujours.
leon grossel02/10/2005 08:19
Cher Monsieur Brouchoux,

Le courage ne se justifie pas.
Le courage est le prix de la dignité ( Pierre Billon )

Je vais arrêter là nos échanges « net-épistolaires » , les gens qui parlent à la première personne du pluriel me subjuguent et me mettent mal à l’aise.
THERESE02/10/2005 09:43
Comme al'dirot Clarmence: "Léon, t'in va pon....."
Viens nous vire sur discussion d'comptoir, Té verras, ichi ch'calva y n'est pon rallongé par el'belle "mer", in est détindus et t'es rattindu.
Broutchoux06/10/2005 10:58
M. Léon Grossel
Nous avons déjà dit sur cette liste que nous nous exprimions au nom d'une association qui s'appelle l'Alliance rouge et noire. Aussi, le "nous" nous paraît tout à fait de circonstance que ca plaise ou non... Voilà, tout simplement !
Maintenant si vous utilisez ce prétexte pour interrompre tout contact "net-épistolaire", c'est parfaitement votre droit, il reste que cette attitude me fait penser à une fuite... nos questions restant sans réponse !
Cordialement
berny06/01/2006 20:32
je suis fille de mineur bravo pour cet hommagect le plus dur metier qui puisse existe je msouvient des sirenes annoncant un accident ma mere avait peur de jamais revoir son mari et nous notre pere
BOUBOULE09/01/2006 14:07
Qui a dit que les gens du Nord n'étaient pas chauds ? Cool... Bravo Broutchoux pour ton analyse. J'adhère mais je me suis calmée. Avec le temps, avec le temps tout s'en va... Sûr que nos ancètres ne sont pas allés au fond pour le plaisir. Sinon, leur place aurait été prise rapidement. Député, c'est mieux. Seulement, l'un des meilleurs hommages fait à nos Mineurs,
c' est le respect que chacun éprouve sur ce site. Sur ce site et partout en France. Moi qui suis petite fille de Mineurs, je peux vous dire que lorsque je parle de la "descente aux enfers" de mes aieux, je n'ai que du respect, pas de la compassion, du respect. Savoir qui est responsable, c'est bien-sûr un noble cause. Je serais fière que l'histoire soit belle, bien écrite et remise en cause de temps en temps. Descendre pourquoi ? Tout le monde sait.

Le grand Emile ZOLA a eu le courage d'écrire notre livre-monument et ce n'est pas de la dentelles.

Il y a d'autres causes d'hier et d'aujourd'hui à défendre. Nos usines qui se délocalisent. (à croire qu'elles le font toutes seules). Les salariés qui ont en charge le désamiantage et qui ne sont pas protégés car intérimaires. C'est bien les combats pour hier ...

Mais la Mine, c'est aussi les gens du Nord, leur humour, leur gastromie, leur paysage (même s'il a été taillé).

L'art est ce qu'il est. Chacun le voit à sa façon (je suis sculpteur et artiste peintre). Il y a en pour tous les goûts. Le droit à la différence !

J'aime bien l'artiste peintre Ernest PIGNON. Il a peint la mine, les combats de coq.
C'est bien qu'il y ait cette discussion, cela prouve que nous sommes vivants et pas indifférents.

Tu vois Grand Père. Léandre, Grand Père Marius. Nous sommes en 2006. Vous êtes au paradis des Mineurs (s'il en existe un). Nous parlons par internet. Une drôle de machine qui sert aujourd'hui à dialoguer. C'est super, çà dialogue bien. Il y des gens du Nord qui parlent de ton métier et qui parle bien de ton métier. C'est super.
dimette10/01/2006 16:23
Bonjour à tous,
Je suis originaire de Libercourt, fille,petite fille etc.....jusqu'à l'ouverture des premières fosses....nos ancêtres ont pas mal voyagé tout compte fait pour suivre l'ouverture des nouvelles fosses...Mon père était déjà âgé quand je suis née, mais je sais qu'il n'aimait pas son métier, il a été piqueur très longtemps, il est mort usé à 63 ans, je l'ai toujours connu malade (silicose). Il ne voulait pas que ses fils aillent au fond de la mine, seul mon frère ainé a insisté (pour faire comme les copains), il a donc signé, mon frère avait 15 ans (1953).
J'ai un profond respect pour tout ce qui touche les mineurs, la mine. J'ai reçu un super cadeau pour Noel, un livre sur le métier de mineur, avec de superbes illustrations, pour la bretonne que je suis devenue, c'est un délice à regarder, mais horreur, quand je me suis mise à lire les textes de ce livre extraits d'articles de journaux du début du 20 ème siècle, j'ai été abasourdie !! nauséeuse que l'on ait pu un jour écrire des inepties pareilles. Pour faire simple et rapide, se sont des discours saluant le patronat de l'époque, leurs avancées sociales, dont les mineurs devaient être reconnaissants........ je me demande si je ne vais pas écrire à l'éditeur.......

A très bientôt
BOUBOULE13/01/2006 12:45
Bonjour Tartous,

Dimette, communique-nous le titre du livre que nous soyons pas tenter de l'acheter pour les photos.
L'auteur a du oublier l'expression : C'est quand même pas la mine.
galibot11/03/2006 11:45


Permettez moi de vous dire que les mineurs sont comme toutes les catégories sociales de l'époque , s'ils avaient puent choisir leurs destins il est certain qu'ils n'auraient pas sacrifiés leurs santés et ecourter leurs vies .Ayant partagé leur sort prendant cinq ans de 1964 a 1969 . je peux qu'etre trés proche , tout en ayant assez de recul necessaire pour analyser les tenants et les aboutissant. Par delà toute considération émotives , je peux affirmer que les mineurs ont contribués a leur légende et sont allés trés loin dans l'abdégation a cause de leurs fiertés . Comme tout corporatisme il fallait appartenir a la grande famille et justifier de son statut . Toutes les luttres sociales ont le même creuset ( exploitation misére et pas d'avenir) rien de nouveau sous nos latitudes .
Coupé de mon milieu naturel et avec le temps je ne peux que constater que seul la nostalgie glorifie les choses et en font des valeurs auquelles les gens ne s'identifient plus.
mis a part perdurer le devoir de mémoire envers les aieux , le reste du monde s'en moque , a chacun son passé et sa vision du monde . A l'heure actuelle les valeurs sont tout autre en sachant que les gens aspirent au materialisme égoiste et au chacun pour soi.
Les mineurs aimaient leurs métiers par la force des choses , soucieux de leurs images . mais il ne faut pas perdre de vue que leurs philosophies personnelles etaient basées sur la dérision et sur le deuxiéme degrés . J'ai toujours gardé en mémoire cette phrase révèlatrice ( nous voila déjà plus bas que les morts). Comment peux on vivoter silicosé rhumatisant avec pour unique but de fêtrer une sainte Barbe de plus.
A l'age ou les jeunes font encore des rêves , les galibots descendaient les yeux encore plein de sable . a demi nus ils
apprenaient la souffrance dans leurs chaires , se voulant homme en crachant dans les paumes des mains et jouant les initiés en machouillant du tabac . L'univers du chevalert et ses molettes ; le terril dominant la plaine blondie par les blés , le coron haut lieu statégique du perimetre intime de l'appartenance a un numéro de puits.

olszanski13/07/2006 16:45
Les mineurs ont réellement été exploités par les actionnaires des compagnies privées, puis par les Houillères publiques.
Il est temps d'en finir avec l'image d'Epinal qui circule sur leur dos. On en fait des "héros" alors qu'ils n'étaient que de pauvres bougres qui allaient à l'abattoir !
Si les mineurs faisaient tout pour que leurs enfants n'aillent pas travailler au fond, ce n'est pas un hasard.
Merci à l'Alliance rouge et noire de nous l'avoir rappelé. Merci à André Delcourt, le maire communiste de Calonne-Ricouart, d'avoir accepté ce mémorial atypique sur son sol !
Exploités, les mineurs oui, mais aussi combatifs et non résignés !
Grâce à leur combativité, de nombreuses conquêtes sociales ont amené un "plus" au quotidien de la population du bassin minier...
jeanjean31/12/2006 18:27
Oui souffrance, labeur, maladie en récompense, pour quelques sous et de plus exploitation de l'être humain et richesse pour d'autres ! On avait du travail mais à quel prix !

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