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Les mineurs et la mine
Sujet :L'amour du métier : mythe ou réalité ?
AmisTournel05/11/2008 21:43
Dans son édition du 25 octobre dernier, la Voix du Nord de Bruay propose un intéressant "face à face" sur le thème de l'amour du métier. Arnaud Déthée, le journaliste à l'origine de l'article vous propose de donner vos réflexions sur le sujet en écrivant à : bruay@info-artois.fr

Qu'il soit remercié d'avoir ainsi osé ouvrir le débat qui risque de faire grincer quelques dents du côté des guides des musées de la mine de la région, pour la plupart anciens porions ou ingénieurs au service du patronat...

Association des Amis de Joseph Tournel
22, rue nationale
62150 Rebreuve-Ranchicourt
AmisTournel@aol.com


"Soixante ans après le déclenchement des grandes grèves de mineurs de 1948, commémorées cette semaine au pied du chevalement potence de Calonne-Ricouart, nous nous sommes demandé quelle image, vous, lecteurs, conserviez de ce métier de mineur qui a forgé l'identité du territoire.
D'où l'idée de confronter deux points de vue radicalement opposés. Celui de Jacques Kmieciak, animateur de l'association des Amis de Joseph Tournel, pour qui la mine n'était rien d'autre qu'un abattoir, à celui d'Henri Blédel, cofondateur du musée de la mine d'Auchel où il assure, à 81 ans, des visites guidées avec la vigueur d'un galibot.


PAR ARNAUD DÉTHÉE

Pour Jacques Kmieciak.- « Aller à la mine, c'était aller à la mort. À l'image de Joseph Tournel, j'ai toujours voulu tordre le coup au mythe du mineur qui aimait son métier. Il suffisait d'ailleurs de leur demander s'ils voulaient que leurs gamins les suivent au fond pour qu'il vous réponde "surtout pas"... Je suis foncièrement opposé à cette mythologie dominante et mensongère qui a d'abord servi les intérêts du patronat. Un patronat sans pitié, notamment avec les mineurs grévistes, qu'il obligeait à quitter leur logement sous 48 heures... Si solidarité minière il y a eu, c'est uniquement face au danger et dans le combat pour la lutte des classes. Comment aimer un métier où, à tout moment, on pouvait perdre la vie, se retrouver mutilé, silicosé ? La « fierté des mineur » a été une supercherie entretenue par les Houillères, rien de plus. Les catastrophes de Courrières, de Liévin et d'ailleurs sont des crimes impunis, commis par des gens qui ont fait fortune sur le dos du peuple... »

Pour Henri Blédel.- « Mineur, c'était un métier dur, mais vu la conjoncture de l'époque, c'était d'abord un métier acceptable. J'ai travaillé pendant 35 ans "en dessous des vivants" comme on disait. À Auchel, Haillicourt et Sallaumines. Je sais de quoi je parle... Au fond, ça chambrait sans arrêt, mais chacun veillait sur son voisin comme sur un frère. On était payé collectivement (jusqu'en 1947, NDLR), ça aidait à créer un esprit de corps. Et puis, on était considéré. C'était valorisant de travailler au redressement du pays. Grâce au métier, je suis parti pour la première fois de ma vie en vacances. Au centre des Houillères de la Napoule, sur la côte d'Azur. On passait des entrailles de la terre à la lumière du midi.

C'était magnifique... On avait aussi le logement et le médecin gratuit. Des avantages sociaux sont arrivés avec les nationalisations. Y'avait des concours, on pouvait gagner un cochon ou un vélo, c'était bien. Et puis, à 14 ans, ramener de l'argent à la maison, ça permettait de faire vivre les siens et d'avoir son dimanche. Je me souviens que j'étais très fier de ça. Je fanfaronnais souvent. Le métier de mineur m'a appris à avoir du courage et à connaître la valeur du mot travail. C'est quelque chose d'authentique, de précieux. J'essaie de transmettre ça aux enfants aujourd'hui... » •


Deux sites à découvrir pour se faire son idée

Pour prolonger le débat, la découverte du chevalement potence, à Calonne, ou la visite du musée de la mine, à Auchel, aident à nourrir la réflexion...

Le chevalement potence, à Calonne-ricouart.- Cette oeuvre, réalisée par Christian Szewczyk, symbolise « deux siècles d'exploitation des hommes pour le compte de l'industrie charbonnière. La potence exprime les souffrances endurées par les mineurs. Des familles entières sacrifiées sur l'autel de la rentabilité capitaliste », martèle Jacques Kmieciak. D'abord en bois, l'édifice avait été inauguré à Rebreuve à l'occasion du 90e anniversaire de la catastrophe de Courrières. Mais vite abîmé par les intempéries, il a été remplacé par un chevalement métallique orné par l'artiste et inauguré lundi, derrière l'hôtel de ville. « Le dessin, inspiré d'une illustration syndicale britannique, montre un mineur luttant contre un serpent. Ce serpent symbolise les fléaux de la mine : silicose, conditions de sécurité défaillantes, salaires de misère, exploitation patronale avec la complicité des ingénieurs et des porions. » Le musée de la mine Jacques-Déramaux, à Auchel.- Les visites sont guidées par d'anciens mineurs, à l'origine du musée, narrant le récit de leur vie professionnelle pendant près de deux heures. Vidéos à l'appui.Après la découverte de la lampisterie, le parcours de 250 m de galeries souterraines est l'occasion de voir fonctionner le matériel d'abattage du charbon et de découvrir les conditions de travail des gueules noires. La visite se termine enfin par une exposition de fossiles consacrée à la formation géologique du bassin houiller. •

Musée de la mine, le mardi et le jeudi matin, de 9 h à 12 h. Les autres jours, prendre rendez vous au Tél : 03 21 52 66 10 (répondeur)

ou au Tél : 06 88 78 52 06
E-mail : daniel.vos@numericable.fr


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