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Livre d'Or

Bruay-La-Buissière ( 62700 )
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     En 1363, Jean le Bon remet en apanage le Duché de Bourgogne à son quatrième fils Philippe, et les ducs bourguignons de la branche des Valois deviennent pour plus d'un siècle seigneurs de Bruay. Toutefois, à côté du puissant personnage qu'est le seigneur de Béthune (et de Bruay), il existe toujours d'autres feudataires, dont certains, comme Wuillaume d'Arras, bailli de Lens en 1348, se font appeler a Sire de Bruay ».
     Pendant ce temps, le village se développe presque uniquement sur les bords de la rivière, se consacrant surtout à la culture, comme l'attestent la faible étendue des pâturages et l'existence de plusieurs moulins. Des bots nombreux encore s'étendent autour du village. La faune, comme celle de la Lawe d'ailleurs, en est beaucoup plus riche que de nos jours.
Si nous en croyons les comptes des receveurs de Béthune, des loutres sont fréquemment capturée? sur les bords de la rivière, de nombreux chevreuils vivent dans les bois et il arrive même que des aigles y soient abattus.
     Le village va connaître a La guerre des cent ans » , en juin 1380, une des armées anglaises, sous les ordres du 'Duc de Buckingham, loge à Bruais-les-Buissières. Heureusement, en cette période de troubles, Bruay possède un hôpital dont l'existence est signalée dès 1317 ». (Archives départementales A 350).
     Depuis Longtemps il n'y a plus de seigneur résidant à Bruay, l'ancienne forteresse qui avait soutenu de nombreux sièges à été détruite probablement par Les anglais pendant La guerre de Cent ans. On peut estimer que le village est resté un demi-siècle au moins dans Le plus complet désordre. Cependant il était propre à devenir d'un moment à l’autre l'apanage de quelque riche et nouvel anobli en quête de domaine.
     Tandis que s'achève ce long conflit, un événement très important se produit : un nommé Gui Guilbaut, dont les origines sont mal connues mais qui occupe de hautes fonctions à la Cour du Duc de Bourgogne, obtient de ce dernier l'autorisation de se créer une seigneurie importante à Bruay en réunissant six fiefs. Philippe LE BON, par Lettre datée de Gand en janvier 1430, les réunit en un seul fief au profit de Guy GUILBAUT. Guy GUIBAUT devint alors le véritable et seul suzerain de notre village. IL fit alors construire le "château de Bruay", entre les deux bras de La rivière "La Lawe". Le terrain n'offrant pas assez de résistance, le château est construit sur pilotis et sur cuir. Si nous en croyons le père Ignace qui en fait une description dans .ses Mémoires (tome V, page 612), le château comportait à l'origine 12 tours, 52 portes, 365 fenêtres.
     Après la mort du .dernier Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, en 1477, Bruay suit le sort de l'Artois et se Prouve sous domination autrichienne jusqu'en 1556, puis devient possession espagnole jusqu'au traité des Pyrénées en 1659.
     Au XVIIe siècle, l'agglomération ne se développe guère et reste un petit village sans grande histoire jusqu'à la fin du XIXe siècle, fort peu touché par les divers événements qui se déroulent en France. Si la forteresse de Bruay eut à se défendre contre toutes sortes d'assaillants.
     Le château que fit construire Guy GUILBAUT n'eut pas meilleur destin. Il fut maintes fois démoli et rebâti. Il ne reste aujourd'hui aucun vestige de cette époque, seule une tour de l'ancienne ferme du château que l'on appelle "La Tour de Lambres " (rue Cail) . A la mort de Guy GUILBAUT, le château et ses dépendances devinrent a propriété de son gendre BAUDUIN DONGNIES. IL restera dans la maison DONGNIES jusqu'en 1527, époque où un DONGNIES échangea le château et la terre de Bruay contre Mery dans l'Oise appartenant aux RENTY.
     Les RENTY en restèrent propriétaires jusqu'en 1585, époque où Marie de RENTY épouse Gaston SPINOLA, prince italien. La maison de SPINOLA conserva Le château et ses dépendances pendant 126 ans. GabrieL SPINOLA ayant été tué au siège de Douai en 1712 et ne laissant aucune descendance directe, ses héritiers se disputèrent âprement la possession de Bruay.
     Après un procès qui dura 18 ans, Le parlement de Paris l'adjugea en 1730 à NicoLas d'ARBERG qui le vendit quelques années plus tard au cadet de la famille de NEDONCHEL. Cette famille conserva le domaine jusqu'à la révolution. En 1789, Le seigneur de Bruay, le marquis de NEDONCHEL émigre en Belgique. Le château abandonné est livré au pillage et à la démolition. Le colonel de la garde nationale de « Boisgerard « achète une partie des pierres pour la construction de son château de Bouvigny-Boyeffles.
     Les ruines du château étaient encore visibles à la fin du XIX é siècle. Malgré les efforts faits pour les sauver, les affaissements dus aux travaux miniers ne le permirent pas. Des remblais furent nécessaires pour maintenir le niveau d'écoulement des eaux de la rivière, dans la traversée du village. Ainsi disparut à jamais le château de Bruay. Rien ne prédisposait donc ce village de Bruay à connaître un essor qui propulserait la commune, cinquante ans plus tard, au même rang démographique que la ville de Béthune , exceptés les caprices de la géologie


Blason


Mairie de Béthune