Quand j’ai divorcé il y a 4 ans, la maison qu’on venait d’acheter avec mon ex est devenue un vrai casse-tête. On avait encore 18 ans de crédit devant nous et aucun de nous deux ne pouvait assumer seul les mensualités. J’ai passé des nuits blanches à chercher des solutions, à éplucher des forums et consulter des experts. Aujourd’hui, je veux partager avec vous ce que j’ai appris pendant cette période compliquée, parce que franchement, quand on traverse une séparation, la dernière chose dont on a besoin, c’est de galères administratives supplémentaires.
Séparation et crédit immobilier : les 3 options qui s’offrent à vous
Quand la vie de couple bat de l’aile et que vous avez un crédit immobilier en cours, trois chemins principaux s’offrent à vous. Croyez-moi, j’ai retourné la question dans tous les sens, comme une fricadelle sur le grill, avant de me décider.
La première solution, souvent la plus propre, c’est la vente du bien. Vous vendez la maison ou l’appartement, vous remboursez le capital restant dû à la banque, et vous répartissez le reste selon vos parts de propriété. Simple sur le papier, mais attention : la banque peut vous facturer des pénalités de remboursement anticipé (jusqu’à 3% du capital restant). Et si le marché est en berne comme ça arrive parfois dans le Nord, la vente peut prendre du temps.
La deuxième option, c’est de rester copropriétaires et de continuer à rembourser ensemble. Dans mon cas, ça me semblait aussi agréable que de supporter Lens quand on est fan du LOSC. Mais pour certains ex qui s’entendent bien, ça peut être une solution temporaire, le temps de trouver mieux. Vous pouvez même mettre le bien en location et utiliser les loyers pour payer les mensualités.
La troisième possibilité, c’est qu’un des deux garde le logement. Pour cela, il faut procéder à une désolidarisation du prêt et au rachat de la part de l’autre (la fameuse soulte). Mais attention, la banque doit donner son accord, et elle vérifiera scrupuleusement que celui qui reste peut assumer seul les remboursements.
Ch’ti conseil : Ne tardez pas trop à trouver une solution. J’ai vu des amis rester dans le flou pendant des mois, et ça finit toujours par créer des tensions supplémentaires, comme quand on laisse traîner une casserole de carbonade sur le feu : ça colle et ça brûle !

Avez-vous emprunté seul ou à deux avant la séparation ?
Le statut du crédit au moment où vous l’avez contracté change complètement la donne. Sur ce point, j’ai été chanceux dans mon malheur : j’avais bien fait les choses au départ.
Si vous avez emprunté à deux comme co-emprunteurs, le principe de solidarité s’applique. Concrètement, même séparés, vous restez tous les deux responsables du remboursement total du crédit. Si votre ex décide de ne plus payer sa part, la banque peut exiger que vous payiez l’intégralité. Pas très jojo, comme on dit chez nous.
En revanche, si le crédit a été contracté par un seul des conjoints, la situation est différente :
- Pour un bien acheté en nom propre : seul l’emprunteur reste engagé
- Pour un logement commun : dans le cadre d’un mariage, le principe de solidarité peut s’appliquer malgré tout
- Si l’autre s’est porté caution : il peut demander à se désolidariser du prêt
Voici un tableau qui résume l’impact selon votre statut marital :
| Statut | Répartition du bien |
|---|---|
| Concubinage | Indivision selon les parts indiquées dans l’acte notarié (50/50 par défaut) |
| PACS | Dépend de la date du PACS et du moment de l’achat |
| Mariage | Varie selon le régime matrimonial (communauté, séparation de biens…) |
J’ai un pote qui était en concubinage simple et qui pensait que sa contribution plus importante au remboursement lui donnait automatiquement plus de droits sur la maison. Grossière erreur ! Sans écrit, c’était parole contre parole. Heureusement, ils ont fini par trouver un arrangement, mais ça aurait pu être bien plus compliqué.
Le rachat de soulte : quand l’un rachète la part de l’autre
Le rachat de soulte, c’est un peu comme quand vous rachetez la part de frites de votre pote parce qu’il n’a plus faim, sauf qu’on parle ici de sommes autrement plus conséquentes. C’est la solution qu’on a fini par choisir : mon ex a gardé la maison et m’a racheté ma part.
Pour calculer le montant de la soulte, on prend en compte la valeur actuelle du bien (pas le prix d’achat, attention), le capital restant dû et éventuellement les indemnités de remboursement. Dans mon cas, on a fait estimer la maison par deux agences différentes pour être sûrs du prix de marché.
Pour financer ce rachat, deux options principales :
- Utiliser ses fonds propres (si on a la chance d’avoir de côté)
- Souscrire un nouveau crédit immobilier qui permettra de racheter la part et de refinancer le prêt existant
La banque vérifiera attentivement la capacité de remboursement du repreneur. En général, le taux d’endettement ne doit pas dépasser 35%. Mon ex a dû négocier ferme avec la banque, qui n’était pas très chaude au début, mais en apportant des garanties supplémentaires, ça a fini par passer.
N’oubliez pas qu’il y a aussi des frais de dossier et de notaire à prévoir. Ces derniers représentent environ 1,5% à 2% du montant de la transaction. Ça fait mal au portefeuille, mais c’est le prix de la liberté comme on dit.

Qu’en est-il de l’assurance emprunteur après la séparation ?
L’assurance emprunteur, on n’y pense pas toujours, mais elle doit aussi être ajustée en cas de séparation. C’est un peu comme quand on oublie de fermer le gaz en partant : ça peut coûter cher si on n’y fait pas attention.
Si les deux ex-conjoints conservent le bien, l’assurance est généralement maintenue telle quelle. Si un seul garde le logement, l’assurance doit être réajustée sur la somme restante à rembourser, ce qui peut nécessiter un avenant au contrat.
Dans le cas d’une vente du bien, l’assurance emprunteur est tout simplement résiliée puisque le prêt est soldé. Dans tous les cas, prévenez l’assureur de votre nouvelle situation pour éviter les mauvaises surprises.
Si vous avez des difficultés à vous entendre sur ces questions, sachez qu’un médiateur familial peut vous aider à trouver un terrain d’entente. Et pour les aspects plus techniques comme le rachat de soulte ou le nouveau financement, un courtier spécialisé peut vous faire gagner un temps précieux.
Au bout du compte, aussi difficile que soit une séparation, il y a toujours des solutions pour le crédit immobilier. L’important, c’est de rester pragmatique et de chercher l’option la moins douloureuse pour tout le monde. Comme on dit chez nous, “à vouloir tout garder, on finit souvent par tout perdre”.