Ah tiens, les planchers en bois ! Un sujet qui me parle vraiment depuis que j’ai rénové notre maison à Arras. Entre les courants d’air qui montaient du garage et les pas de mes deux petits monstres qui résonnaient dans toute la baraque, j’ai dû m’y pencher sérieusement. Alors laissez-moi vous partager ce que j’ai appris à la sueur de mon front (et de mon portefeuille).
Pourquoi isoler un plancher en bois?
Avant de plonger dans le vif du sujet, comprenons pourquoi on s’embête à isoler un plancher en bois. La réponse varie selon sa position dans la maison :
Pour un plancher bas (au rez-de-chaussée), l’isolation est avant tout thermique. Sans une bonne couche isolante, vous perdez entre 7 et 10% de votre chaleur par le sol. C’est comme si vous chauffiez votre cave ou votre vide sanitaire à plein régime !
Pour un plancher entre deux étages, c’est plutôt une question d’acoustique. Quand j’ai refait l’étage, j’ai vite compris que sans isolation, chaque pas des enfants résonnait comme un troupeau d’éléphants dans le salon. L’isolation phonique devient alors indispensable pour préserver la paix du ménage.
Pour les combles, c’est encore une autre histoire : là, on parle de 20 à 30% des déperditions thermiques de toute la maison ! Autant dire qu’un plancher de combles mal isolé, c’est comme chauffer la rue.
Ch’ti conseil : Faites toujours un diagnostic thermique avant de vous lancer. L’an dernier, un collègue a isolé son plancher alors que ses murs étaient des passoires… résultat, il a à peine senti la différence sur sa facture. Mieux vaut identifier les priorités!
| Type de plancher | Objectif principal | Déperdition thermique |
|---|---|---|
| Plancher bas | Isolation thermique | 7-10% |
| Plancher intermédiaire | Isolation acoustique | Non applicable |
| Plancher combles | Isolation thermique | 20-30% |
Les différentes techniques d’isolation pour un plancher bois
Il existe trois principales méthodes pour isoler un plancher en bois, et croyez-moi, j’ai testé deux d’entre elles (pas toujours par choix).
L’isolation par le dessous est idéale quand vous avez accès à la face inférieure du plancher, comme dans un vide sanitaire ou une cave. C’est la technique que j’ai utilisée pour mon plancher au-dessus du garage. On fixe l’isolant entre les solives, et le tour est joué ! L’avantage, c’est que vous ne perdez pas de hauteur dans la pièce du dessus.
L’isolation par le dessus devient nécessaire quand votre plancher est posé sur une dalle béton ou que vous n’avez pas d’accès par dessous. Soit vous démontez le plancher (quand c’est possible), soit vous créez un sur-plancher. J’ai dû opter pour cette solution dans les chambres, et attention à bien prévoir le détalonnage des portes !
L’isolation entre les éléments du plancher consiste à couler ou souffler un isolant en vrac entre les solives. Pratique pour les planchers à ossature bois, cette méthode permet à l’isolant d’épouser parfaitement toutes les irrégularités.
Comparatif des isolants pour plancher en bois
Le choix de l’isolant est crucial et dépend de plusieurs facteurs. Voici les principales options :
Les isolants minéraux comme la laine de verre (3-10€/m²) et la laine de roche (7-12€/m²) offrent un bon rapport qualité-prix. Ils présentent une conductivité thermique (λ) entre 0,030 et 0,045 W/mK, plus ce chiffre est bas, meilleure est l’isolation. J’ai utilisé de la laine de roche sous mon plancher de cuisine, et franchement, mes pieds ne sont plus des glaçons en hiver.
Les isolants synthétiques comme le polystyrène (5-20€/m²) et le polyuréthane sont excellents thermiquement avec une faible épaisseur. Le polyuréthane affiche même un lambda de 0,022 à 0,030 W/mK, ce qui en fait l’un des plus performants du marché. Par contre, ils sont moins écologiques et plus chers.
Les isolants biosourcés sont mes préférés pour leur aspect écologique. La laine de bois (environ 15€/m²), le liège expansé (12-28€/m²), la laine de chanvre (30€/m²) et la ouate de cellulose offrent d’excellentes performances thermiques et phoniques. J’ai opté pour la laine de bois dans les chambres des enfants, et la différence acoustique est bluffante.
Les critères de choix essentiels sont :
- La performance thermique (coefficient R)
- L’espace disponible
- Les performances acoustiques
- La résistance à l’humidité
- Votre budget
Le coût et les aides pour isoler votre plancher en bois
L’isolation d’un plancher en bois vous coûtera entre 30 et 50€/m² pour une isolation en sous-face, et entre 50 et 100€/m² si vous devez démonter ou créer un sur-plancher. Pour les combles, comptez 25 à 40€/m². À ces montants, ajoutez 10 à 60€/m² si vous faites appel à un professionnel.
Mais ne désespérez pas ! Il existe plusieurs aides financières pour alléger la facture :
La TVA à 5,5%, MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro et les primes CEE peuvent considérablement réduire vos dépenses. Pour en bénéficier, vous devez faire appel à un professionnel RGE et atteindre une résistance thermique minimum de 3 m².K/W pour les planchers bas et 7 m².K/W pour les combles.
Attention néanmoins : l’isolation phonique des planchers intermédiaires n’ouvre pas droit à ces aides, car elle n’entre pas dans le cadre de la rénovation énergétique. C’est dommage, mais c’est comme ça.
Si vous rénovez une maison ancienne, pensez aussi à voir quel est le chauffage le plus économique actuellement pour optimiser vos économies d’énergie.
Tout compte fait, le meilleur isolant pour votre plancher en bois dépendra de votre situation spécifique, mais si je devais faire un choix universel, je pencherais pour la laine de roche en sous-face et la laine de bois par le dessus. Un bon compromis entre performance, écologie et budget qui vous garantira confort et économies pour les années à venir.