octobre 5, 2025

Le mont des Cats, joyau naturel des Flandres françaises

Y’a des coins qui vous parlent sans même les avoir visités. Le Mont des Cats, c’est typiquement ça pour moi. À chaque fois que je file vers la Belgique pour récupérer une commande de matos web (faut bien avouer que les prix sont parfois plus doux chez nos voisins), je passe devant ce petit relief qui domine fièrement notre plat pays. Et à chaque fois, je me promets d’y faire un stop. C’est comme ça que, un dimanche où Mag était de garde, j’ai embarqué les gamins pour une journée au grand air. Ah tiens, laissez-moi vous raconter cette petite pépite des Flandres françaises.

Découvrir le Mont des Cats, sentinelle des Flandres

Le Mont des Cats, c’est pas le Mont Blanc, hein ! Avec ses 164 mètres d’altitude, les alpinistes vont pas s’arracher les crampons pour y grimper. Mais dans notre région des Hauts-de-France, c’est déjà une sacrée bosse qui offre l’un des plus beaux panoramas de la région. Situé à cheval sur les communes de Godewaersvelde et Berthen, entre Lille et Dunkerque, ce petit géant vous permet d’observer le “Houtland” (le pays au bois) et la Flandre à perte de vue.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le nom “Mont des Cats” n’a rien à voir avec nos amis félins. Il vient des Cattes (ou Katts), un peuple germanique qui s’est installé dans le coin au Ve siècle. D’ailleurs, en flamand, on l’appelle “Katsberg” et ça sonne quand même plus authentique, non ?

Quand vous vous pointez là-haut, impossible de rater l’émetteur radiotélévision qui sert de point de repère aux randonneurs. C’est un peu notre Tour Eiffel locale ! Le Mont des Cats fait partie des Monts de Flandre, cette petite chaîne qui s’étend d’est en ouest, de Watten jusqu’au Mont Noir. La vue s’étale sur 30 lieues à la ronde, et croyez-moi, par temps clair, ça vaut le détour.

Point d’intérêtSpécificité
Altitude164 mètres
CommunesGodewaersvelde et Berthen
Origine du nomPeuple germanique des Cattes (Ve siècle)
Portée du panorama30 lieues à la ronde

Ch’ti conseil : prenez vos jumelles si vous en avez ! Quand le ciel est bien dégagé, vous pourrez apercevoir jusqu’à la côte. Un petit truc de local aussi : partez tôt le matin, quand le brouillard commence tout juste à se dissiper, c’est magique. On dirait que les villages émergent d’un océan de nuages.

L’abbaye et ses trésors spirituels (et gustatifs)

Impossible de parler du Mont des Cats sans évoquer son abbaye. L’Abbaye Sainte-Marie du Mont, c’est un peu l’âme de l’endroit. Fondée en 1826, elle a connu pas mal de péripéties. Le premier établissement monastique sur le site remontait à 1650, mais a été détruit pendant la Révolution française. Élevée au rang d’abbaye autonome en 1847, elle a presque entièrement été détruite durant la Première Guerre mondiale, avant d’être reconstruite en 1926.

Aujourd’hui, une vingtaine de moines cisterciens-trappistes y vivent selon la règle de Saint Benoît : “ora et labora” (prier et travailler). Ces gars-là sont sérieux : huit prières quotidiennes, avec le premier office à 4h15 du mat’ ! Perso, je serais pas très réceptif à la spiritualité à cette heure-là, mais chapeau bas messieurs.

Ce qui est chouette, c’est cette atmosphère particulière où se côtoient croyants et non-croyants. Lors de ma visite avec les enfants, j’ai été surpris par cette ambiance de recueillement qui vous gagne, même quand vous êtes juste venu pour le fromage ! Car oui, l’abbaye est aussi connue pour ses produits, et notamment :

  • Le fromage du Mont des Cats, fabriqué depuis 1849
  • La bière trappiste “Mont des Cats” (7,6%), relancée en 2011
  • Divers produits d’autres abbayes trappistes

Le fromage, c’est une affaire sérieuse ici : 180 tonnes par an, principalement vendues dans la région. Il existe en cinq variétés, dont le traditionnel “Mont des Cats” nature, le “Flamays” orange (proche de la mimolette), et même un “Mont des Cats à la bière trappiste”. Fabriqué avec du lait des fermes voisines, c’est un fromage à pâte molle d’un blanc immaculé, au goût délicatement relevé. Il a même été inscrit à l’inventaire du patrimoine culinaire en 1995, excusez du peu !

Côté bière, l’histoire est intéressante. Brassée initialement de 1847 à 1905/1918, elle a disparu lors d’un bombardement. Elle a été relancée en 2011, mais est désormais brassée à l’abbaye Notre-Dame de Scourmont en Belgique (là où on produit la Chimay). Rassurez-vous, elle suit la recette originale et porte fièrement le label “Authentic Trappist Product”. Après une bonne rando, cette petite mousse est un vrai régal, je vous assure !

Sentiers et découvertes autour du mont

Si vous êtes comme moi et que vous aimez user vos baskets sur les sentiers, le Mont des Cats ne va pas vous décevoir. Il y a trois circuits principaux qui permettent de découvrir les paysages vallonnés des Flandres :

  1. La balade des Katts version longue (11,5 km, dénivelé cumulé positif de 170m)
  2. La balade des Katts version courte (5 km, parfaite avec les enfants)
  3. Le circuit “Autour du monastère” (11 km, 4h de balade)

Lors de notre sortie familiale, on a opté pour la version courte des Katts. Même mes deux loustics qui passent habituellement leur temps sur les écrans ont apprécié ! On a même repéré des estaminets qu’on pourrait faire une prochaine fois. Ces petits cafés typiques sont parfaits pour reprendre des forces après l’effort.

Ne ratez pas la Chapelle de la Passion, aussi appelée “Korse Kapelle” ou chapelle des Fièvres, construite en 1857. Il y a cette tradition des “loques” qui m’a laissé perplexe : les gens attachent un linge à la grille pour obtenir une guérison. Mag, avec son œil d’infirmière, a haussé un sourcil, mais bon, la foi déplace des montagnes comme on dit !

Un peu plus loin, vous trouverez une stèle et douze plaques rendant hommage aux 60 000 militaires canadiens décédés dans les Hauts-de-France durant la Première Guerre mondiale. Chaque jour, les moines chantent le “Salve Regina” en leur honneur. Ça m’a pris aux tripes quand j’y ai pensé, surtout en voyant mes enfants jouer insouciamment à quelques mètres de là.

Les villages autour valent aussi le détour : Godewaersvelde est labellisé “village patrimoine”, avec son ancienne gare et son musée de la Vie frontalière. Berthen est niché entre trois monts et offre un paysage champêtre à couper le souffle. Et si vous avez encore de l’énergie, Boeschepe et le Mont Noir sont juste à côté !

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