L’autre jour, je bossais sur la refonte du site web d’un client restaurateur, et je me suis surpris à scroller dans mes propres photos de famille pour trouver l’inspiration. Je suis tombé sur une série de clichés pris l’année dernière avec Mag et les enfants. Des briques jaunes, un soleil radieux (oui, ça arrive souvent chez nous, n’en déplaise aux mauvaises langues), des sourires barbouillés de sauce frites et un beffroi majestueux en toile de fond. Vous l’avez deviné : nous étions à Bergues.
Si vous ne connaissez de Bergues que les répliques cultes de Kad Merad et Dany Boon, asseyez-vous deux minutes, servez-vous un bon café, et laissez-moi vous parler de cette ville de Flandre. Parce qu’entre nous, Bergues, ce n’est pas juste un décor de cinéma pittoresque. C’est une cité vivante, chaleureuse, chargée d’histoire et qui sent bon le terroir. Que vous veniez de Paris, de l’autre bout de la France ou même de la métropole lilloise pour prendre l’air le temps d’un week-end, c’est vraiment la destination idéale pour déconnecter sans se prendre la tête.
À retenir :
- Préparez vos mollets pour les 193 marches du célèbre Beffroi : la vue panoramique sur la Flandre vaut chaque goutte de sueur.
- Revivez les scènes cultes du film “Bienvenue chez les Ch’tis” en flânant dans les ruelles aux façades de briques jaunes.
- Prenez un bol d’air frais sur les 5 kilomètres de remparts verdoyants façonnés par Vauban.
- Ne repartez pas sans avoir goûté le véritable fromage de Bergues au lait cru (une merveille sur une bonne tartine !).
Grimper au sommet du Beffroi : vous allez en prendre plein les yeux (et les oreilles) !
On ne va pas se mentir, quand vous arrivez à Bergues, c’est impossible de le rater. Il trône là, majestueux, du haut de ses 47 mètres. Le beffroi de Bergues, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est un peu le phare de la ville. Reconstruit après la Seconde Guerre mondiale (l’original a été dynamité en 1944), il symbolise la résilience de toute la région Flandre. Et croyez-moi, il a de l’allure avec sa brique jaune locale que l’on appelle “brique de sable”.
Anecdote de Ludo : Ne faites jamais, ô grand jamais, ce que j’ai fait la première fois que j’y ai emmené Mag. On avait décidé de s’attaquer à l’ascension du beffroi juste après s’être englouti un Welsh complet frites et deux bonnes bières triples locales. Résultat ? J’ai cru que j’allais rendre l’âme au bout de la soixantième marche. Une chaleur terrible, le souffle court… Bref, gardez cette épreuve sportive pour l’avant-repas, ça vous ouvrira l’appétit de façon nettement plus raisonnable !
L’ascension, c’est le grand défi de la journée. Vous allez devoir affronter 193 marches pour atteindre le sommet. Ce n’est pas l’Himalaya, mais ça chauffe quand même les cuisses. Une fois en haut, la récompense est absolue. Par temps clair, la vue panoramique embrasse toute la plaine flamande, de Dunkerque jusqu’aux monts de Flandre. C’est tout simplement splendide. Vous aurez peut-être aussi la chance d’être aux premières loges pour entendre chanter le fameux carillon. Avec ses 50 cloches, il rythme la vie des Berguois et vous fera vibrer la cage thoracique de façon assez surprenante !
Ch’ti conseil : Enfilez de bonnes baskets avant de monter. L’escalier en colimaçon est authentique, ce qui est une façon polie de dire qu’il est drôlement étroit par endroits. Prenez votre temps, personne ne vous chronomètre, et accrochez-vous bien à la rampe.
Sur les traces de “Bienvenue chez les Ch’tis” : la balade qui donne le sourire
Difficile de parler de Bergues sans évoquer l’ouragan “Bienvenue chez les Ch’tis”. En 2008, ce film a littéralement braqué les projecteurs de la France entière sur cette petite ville tranquille. Et vous savez quoi ? Les Berguois en sont très fiers. Loin de s’agacer de l’afflux touristique, la ville a su garder son âme tout en jouant le jeu avec beaucoup d’humour.
Si vous vous baladez dans le centre, vous allez forcément reconnaître certaines rues. Je vous conseille de passer devant la “vraie” Poste du film (qui, ironie du sort, n’a jamais été un bureau de Poste dans la vraie vie, mais les locaux de Gaz de France à l’époque !). Poussez un peu plus loin pour repérer la maison de Madame Bailleul, ou longez le canal où Philippe Abrams et Antoine Bailleul font leur célèbre balade à vélo en mode facteur éméché.
L’Office de Tourisme propose d’ailleurs un “Ch’ti Tour”. C’est une visite guidée très sympa qui vous raconte les anecdotes de tournage, les coulisses et l’histoire des lieux. Si vous préférez flâner seul, perdez-vous simplement dans les ruelles. L’architecture typiquement flamande, les pignons à pas de moineaux et les façades chaleureuses valent largement le détour, même si vous n’avez pas vu le film (mais bon, si c’est le cas, il va falloir corriger ça ce soir !).
Flâner sur les remparts de Vauban : prenez un grand bol d’air
Une fois que vous en avez pris plein les yeux dans le centre, je vous emmène faire une cure de verdure. Bergues est une ville fortifiée, ce qui signifie qu’elle est presque entièrement encerclée de remparts. Et on ne parle pas de deux ou trois tas de cailloux qui se battent en duel : ce sont près de 5 kilomètres de fortifications majestueuses, façonnées par le célèbre Vauban au 17ème siècle, sous les ordres de Louis XIV.
Ces remparts en forme d’étoile sont aujourd’hui un terrain de jeu incroyable pour les familles. Avec Mag, on adore y marcher le dimanche. C’est l’endroit parfait pour lâcher un peu les enfants. Ils courent le long des douves, on traverse de petits ponts de bois, la nature y est verdoyante et paisible. Les arbres centenaires offrent de beaux coins d’ombre l’été. Vous tomberez forcément sur la faune locale : les canards, les oies et parfois même quelques vaches qui broutent tranquillement sur les glacis. Prévoyez juste un bout de pain (rassis, c’est mieux pour leur digestion) et vos enfants seront aux anges.
Ch’ti conseil : Si vous venez entre le printemps et l’été, ne passez pas à côté de la location de petits bateaux électriques sans permis. Naviguer au cœur des douves, au pied des remparts de briques, c’est une expérience magique et super reposante pour clôturer la journée.
Fromage de Bergues et frites dorées : où vous régaler comme de vrais Nordistes ?
Bon, c’est bien beau de marcher et de grimper, mais à un moment donné, un Nordiste, il doit manger. Et Bergues, niveau gastronomie de terroir, c’est un pur bonheur. Impossible de visiter la ville sans goûter la star locale : le fromage de Bergues. C’est un fromage au lait cru, affiné et lavé à la bière. Sur le papier (et à l’odeur, je ne vous le cache pas), il a un sacré caractère. Mais une fois en bouche, il est d’une incroyable douceur. Sur une belle tartine de pain de campagne avec un peu de beurre, c’est un délice.
Ch’ti conseil : Essayez de planifier votre visite un lundi matin. C’est le jour du marché traditionnel sur la place de la République. L’ambiance y est bouillonnante, ça parle fort, ça rit, et c’est l’occasion en or d’acheter votre fromage directement aux producteurs fermiers des alentours.
Si vous cherchez un bon estaminet (nos brasseries traditionnelles), vous trouverez votre bonheur autour de la grande place de la République. Poussez la porte, installez-vous à une table en bois massif, et commandez un bon potjevleesch (notre terrine de quatre viandes blanches en gelée) ou l’incontournable plat régional mijoté à la bière. Et si vous vous demandez que boire avec une bonne carbonade flamande, faites-moi confiance, une bière blonde ou ambrée locale sera le meilleur des choix.
Pas envie de vous asseoir au restaurant ? Pas de problème. Faites comme nous : filez à la baraque à frites locale. Commandez une grande frite bien dorée à la graisse de bœuf, accompagnée d’une vraie fricadelle avec une sauce samouraï ou mayonnaise. Vous dégustez ça sur un banc devant le beffroi. C’est simple, c’est pas cher, et c’est le bonheur. Et pour ramener un peu de sucre à la maison, je vous conseille vivement d’aller faire un tour pour trouver mes fameuses gaufres pur beurre à prix d’usine de la Dunkerquoise, qui sont fabriquées juste à côté.
Les questions qu’on me pose souvent sur Bergues
Pour finir, vu que j’ai l’habitude de conseiller ce coin à mes amis parisiens ou lillois en mal d’air frais, voici les réponses aux petites questions pratiques que vous pourriez vous poser.
Comptez au minimum une bonne demi-journée si vous marchez d’un bon pas. Mais honnêtement, si vous voulez prendre le temps de monter au beffroi, de faire le tour des remparts, de chercher les lieux du film et de vous faire un petit resto, une journée complète est idéale. C’est la garantie de visiter sans stresser, en mode “Ch’ti”.
Oui, c’est l’avantage d’une ville à taille humaine. Vous trouverez pas mal de places autour des remparts ou sur certaines grandes places. Attention par contre le lundi matin à cause du grand marché, le centre est vite encombré. Prévoyez d’arriver tôt ou garez-vous un peu à l’extérieur des remparts, ça vous fera une belle entrée en matière à pied.
Si vous prolongez votre séjour, la côte est à deux pas. Prenez la voiture et filez sur Dunkerque en moins de 15 minutes. Vous pourrez aller respirer l’air marin sur la grande et majestueuse plage de Malo-les-Bains, manger une glace sur la digue et découvrir le passé corsaire de la cité de Jean Bart. Bergues et Dunkerque, c’est vraiment le duo gagnant pour un week-end nordiste réussi.
Et vous, avez-vous déjà entendu le carillon de Bergues résonner ou craqué pour une bonne portion de frites sur sa grande place ? Partagez-moi vos meilleurs souvenirs ou vos questions dans les commentaires, je vous lis avec grand plaisir !